Prévention de l’extrémisme violent

Un graffiti pour l’appel à la paix au cours d'émeutes à Nairobi © Frederic Courbet/Panos

La prévention de l'extrémisme violent figure parmi les priorités de la politique étrangère suisse. Elle fait partie de la politique de paix et de l'engagement de la Suisse pour la sécurité humaine et la prévention de la violence. Par le biais d’un plan d'action de politique étrangère pour la prévention de l’extrémisme violent, le DFAE souhaite soutenir ses partenaires afin d’éliminer ce qui fait le terreau de l’extrémisme violent.

La Suisse se mobilise pour éradiquer les causes directes et structurelles de l'extrémisme violent. Elle souhaite contribuer à instaurer un contexte social dans lequel personne ne serait tenté de recourir à la violence pour des motifs politiques, sociaux ou économiques ou de céder au recrutement d’extrémistes violents. Les jeunes en particulier doivent se voir offrir des perspectives et des alternatives. 

Sécurité humaine et prévention de la violence

Pour la Suisse, la prévention de l’extrémisme violent (Prevention of Violent Extremism, PVE) signifie, entre autres, de continuer à renforcer sa politique de paix et sa politique des droits de l'homme. Elle souhaite apporter une contribution là où elle dispose de connaissances et d’expérience et s’engager dans les pays et régions qui sont touchés par des conflits, qui ont des structures étatiques faibles ou qui se trouvent dans une phase de transition. S’agissant de ces contextes-là, la Suisse peut jouer un rôle de médiatrice. Elle veut y prévenir les conflits, y promouvoir les droits de l'homme, y soutenir la démocratisation et y encourager la participation politique, tout comme l’Etat de droit et le partage du pouvoir. 

La Suisse soutient par exemple au Liban et en Tunisie des projets d'organisations non gouvernementales afin de promouvoir la bonne gouvernance et le respect des droits de l'homme. L'exclusion politique, sociale et économique ainsi que le mépris des droits de l'homme font en effet partie des raisons qui font que les gens se tournent vers l'extrémisme violent. 

Les jeunes et les femmes

La Suisse travaille en étroite collaboration avec la société civile. L'accent est mis sur les femmes et les jeunes. Ils ne sont pas seulement victimes ou auteurs de l'extrémisme violent, mais également des partenaires importants dans la prévention. Par le biais de projets et de programmes concrets, la Suisse s’engage contre l’exclusion sociale, politique et économique. Elle soutient ainsi, dans une banlieue défavorisée de Tunis, un projet pour la jeunesse grâce auquel les jeunes peuvent participer à la politique de leur quartier. L'objectif est d’encourager leur intégration sociale et politique ainsi que de leur offrir des perspectives et des alternatives à la violence extrémiste. 

Projet pour l'intégration des jeunes dans la politique de leur quartier à Tunis (en)

Le DFAE encourage la participation des femmes non seulement dans le cadre de projets locaux mais également dans le cadre des stratégies en matière d'égalité et de droits de l'homme. Le DFAE soutient par exemple le forum annuel PVE du Women’s Alliance for Security Leadership (WASL). En 2016, celui-ci a notamment traité des mesures à prendre dans le domaine de l'éducation et de la religion. 

Women's Alliance for Security Leadership (en)

La coopération internationale

La Suisse soutient également la discussion PVE dans le cadre des organisations internationales ou régionales telles que l'ONU, l'OSCE, l'Organisation de la Francophonie et l'Union Africaine par le biais de différentes initiatives. Là aussi, elle place la lutte contre les causes du phénomène et la jeunesse parmi ses priorités.

Au niveau régional, la Suisse a lancé à Dakar, en juin 2016, en collaboration avec le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et du Sahel (United Nations Office for West Africa, UNOWAS), un séminaire régional intitulé: «Investir dans la paix et la prévention de la violence en Afrique de l'Ouest et au Sahel» 

Séminaire régional « Investir dans la paix et la prévention de la violence en Afrique de l’Ouest et au Sahel » (en)

Enfin, via ses efforts dans le cadre de son plan d'action, la Suisse aide à renforcer la Genève internationale en tant que centre de compétence pour les droits de l'homme et l’Etat de droit. Genève accueille, outre le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, de nombreuses plateformes et organisations qui apportent une contribution importante à la prévention des conflits et de l'extrémisme violent. 

Genève internationale